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Aide-toi, le Ciel t’aidera

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par François Dupeyron

Sorti en France le 26 novembre 2008

 

Elle n’a pas de veine, Sonia (Félicité Wouassi), femme de ménage et aide familiale, noire et quadragénaire, vivant dans une cité pauvre mais pas trop pourrie de la banlieue parisienne. Certes, sa fille aînée, ravissante, va se marier, mais pour le reste… Son fils aîné Victor (Ralph Amoussou), qui va sur ses dix-huit ans, se fait sans arrêt cueillir par la police car il vend de la drogue ; son fils cadet Léo (Charles-Étienne N’Diaye), quatorze ans, joue les équilibristes sur la terrasse et manque de se tuer en passant par-dessus la balustrade ; sa fille cadette est enceinte et ne sait pas de qui ; et son mari, retraité, flemmard et joueur, qui de plus a laissé au pays deux autres femmes qui attendent ses mandats, a joué l’argent économisé pour le mariage.

Pour tout arranger, voilà que ledit mari meurt au matin de la noce ! Elle ne regrette pas ce bon à rien, mais, pour ne pas gâcher la fête, Sonia cache la nouvelle, puis elle va demander conseil à un voisin, Robert (Claude Rich), le seul Blanc du voisinage, un vieillard aigri et solitaire, qui lui conseille d’enterrer discrètement le défunt dans la cave afin de continuer à percevoir sa retraite. Sonia fait l’erreur de suivre le conseil.

Quelques semaines passent, et Robert s’accroche, car il a découvert que les femmes noires lui font de l’effet. Et, histoire d’obtenir ce qu’il convoite, l’excellent homme fait un peu de chantage : si je téléphonais aux flics pour leur suggérer d’aller jeter un coup d’œil dans la cave ? Il y a de braves gens partout. Et puis, Sonia est courtisée par un infirmier qui a beaucoup de travail (c’est le fameux été de la canicule, et les gens meurent comme des mouches), et elle referait volontiers sa vie. Mais comment épouser un autre homme si elle n’a pas été déclarée veuve ? La voilà obligée de déterrer le défuncté.

L’épilogue a lieu quatre ou cinq ans plus tard. Les enfants ont grandi, mais les ennuis continuent : une lettre officielle arrive, l’immeuble va être démoli, la famille doit être relogée à Bobigny. Déracinement, comme on dit dans les journaux bien écrits. Mais on ne demande pas leur avis aux gens fauchés, pas vrai, lecteur humaniste ? Dès lors, vous comprenez pourquoi Sacha Guitry, toujours à la pointe des luttes sociales, disait « Comme on a raison d’avoir beaucoup d’argent ! ».

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