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Wall-E

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Andrew Stanton

Sorti aux États-Unis le 23 juin 2008

Sorti en France le 30 juillet 2008


Nous sommes au vingt-neuvième siècle, et les humains, depuis sept cents ans, ont déserté la Terre, surmergés qu’ils étaient par les déchets. C’est la firme Buy n’ Large, qui déjà leur fournissait nourriture, énergie et loisirs, qui s’est occupée de l’émigration, et a construit près de Saturne une gigantesque station spatiale ultra-robotisée, Axiom, où, perpétuellement allongés sur des transats, ils n’ont plus rien à faire qu’à manger, boire, visionner des pubs et avoir des rendez-vous amoureux sur hologrammes, sous la haute surveillance d’un robot qui supervise tout, Auto, un avatar du HAL 9000 de 2001, Odyssée de l’espace, dont il a d’ailleurs l’œil rouge et les manières autoritaires. À ce régime, les humains exilés sont tous devenus obèses, et, micro-gravité aidant, leur squelette s’est atrophié, de sorte qu’ils seraient bien incapables de fournir le moindre effort. De quoi se demander s’il ne valait pas mieux vivre dans les ordures.

Justement, les ordures, parlons-en. À New-York, où plus rien de vivant ne semble avoir subsisté, c’est Wall-E qui s’en occupe. Ce petit robot (on ignore s’il en existe d’autres), dont le seul ami est un cafard, mais si !, ramasse et trie les déchets, gardant pour lui ce qui peut lui être utile ou agréable, et compactant le reste, façon César. Les cubes compactés, il les empile, et certains de ces édifices ont déjà dépassé en hauteur les tours de Manhattan ! Ce que conserve Wall-E ? Des objets attrayants, une ampoule électrique, un Rubik’s Cube (le plus facile, celui à trois étages), et surtout, une cassette VHS de Hello Dolly, le film de Gene Kelly (mais sans Gene Kelly) réalisé en 1969. Soit dit en passant, une cassette VHS qui dure plus de huit cents ans, on demande à voir…

Il faut vous dire, lecteur aimé, que la politique de Buy n’ Large consiste à envoyer de temps à autre des sondes sur la Terre, afin de détecter si (et quand) la vie a pu y refleurir ; si la chose se produit, un retour des humains sur leur planète, à l’origine, était envisagé, mais en fait, cette éventualité a été annulée deux ou trois siècles après l’émigration, mais ça, personne ne le sait à bord – voir plus loin. C’est ainsi que débarque, dans l’univers de Wall-E, un robot baptisé Eve, ce qui laisse à penser que c’est un appareil du sexe féminin, d’autant plus que ses formes sont tout en rondeurs. En fait, Eve ressemble à un œuf, tout blanc brillant comme les gadgets d’Apple – du moins jusqu’à ce que Steve Jobs décide que le blanc est out et qu’il urge de changer le look des produits de cette honorable maison.

Inévitablement, Wall-E en tombe amoureux, et Eve ne reste pas insensible à son charme un peu désuet. Or, tout en batifolant romantiquement au milieu des tas d’ordures, les deux tourtereaux découvrent une petite plante, du genre haricot qui a germé dans la soucoupe d’un gosse pour le cours de sciences nat’. Ils la recueillent et, avec un peu de terre ramassée autour, placent le tout dans une vieille godasse en guise de pot de fleurs.

Mais il est temps pour Eve de retourner sur Axiom, et Wall-E, qui ne veut pas la laisser partir seule, joue les passagers clandestins. Les voilà tous deux sur la station spatiale, où Wall-E, qui est très sale et donc salit tout, n’est pas le bienvenu. Mais la plante rapportée par Eve intéresse le commandant de bord, qui envisage le retour sur Terre. Or cette perspective a été éliminée en haut lieu… par des gens qui sont tous morts depuis longtemps ! S’ensuit une révolte des robots à laquelle, c’est le point faible du film, vous ne pigerez pas grand-chose, lecteur attentif, épisode au bout duquel Auto, qui s’opposait au retour, est éliminé par Eve. Et la navette revient sur Terre.

La fin – un poil optimiste – est montrée en dessins durant le générique de fin, donc la moitié des spectateurs, qui partent parce que les génériques de fin les gonflent, la ratent : les Terriens réapprennent à vivre, à faire pousser des végétaux, à élever des animaux, etc. Et la Terre va revivre. C’est aussi, disons… gentil (pour être gentil) qu’une interview de la Première Dame par Michel Drucker.

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