Phénomènes

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Manoj Shyamalan

Titre original : The happening

Sorti en France le 11 juin 2008

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Titre d’origine : The happening (ce que l’anglophone averti que vous êtes certainement, lecteur polyglotte, traduira par « L’événement »). Une série B, malgré la présence de deux vedettes, Mark Wahlberg et John Leguizamo, le second disparaissant assez vite, dommage. Le film est dû à Manoj Shyamalan, connu pour ses scénarios incohérents, mais qui a fait un effort, puisque son histoire, cette fois-ci, tient à peu près la route.

Cet événement est un « avertissement » donné aux hommes par la Nature, lasse d’être malmenée par l’espèce humaine. Évidemment, il faut avaler le postulat, mais pourquoi pas ? Cela dit, l’hypothèse est peu évidente au départ, et l’homme de la rue, aux États-Unis, pense immédiatement que des terroristes sont impliqués – explication aussi vraisemblable que si on nous annonçait, à nous frenchies, que Ben Laden a brûlé Jeanne d’Arc. Donc cela commence à New York, un mardi à 8 heures 33, pour se terminer – provisoirement – le lendemain à 9 heures 27 : en plein Central Park, voilà que des gens s’immobilisent et qu’on entend des cris. Un flashmob d’un nouveau genre ? Ce serait un peu poussé, puisque des passants se suicident les uns après les autres. Tout au long du récit, on aura ainsi quelques suicides assez pittoresques et spectaculaires, comme celui de ce type qui, au zoo de Philadelphie, se fait volontairement déchiqueter par des lions, méthode qui n’est pas à la portée de tout le monde, convenez-en. On n’a pas toujours des lions sous la main.

Le gentil du film, c’est Elliott Moore (Mark Wahlberg), un professeur de sciences, qui va se retrouver à la tête d’un petit groupe de fuyards, lequel finit par se réduire à sa femme Alma (Zooey Deschanel) et à sa nièce Jess (Ashlyn Sanchez), tous les autres s’étant précipités dans un monde meilleur au fil du récit. Et comme cet Elliot est un gars vachement intelligent et qui a l’esprit scientifique, il comprend assez vite que l’instinct suicidaire est provoqué par des toxines que sécrètent les végétaux et qui sont propagées par le vent ; en foi de quoi, la meilleure défense consistant à s’enfermer dans une maison et à garder les fenêtres fermées, on a un long « tunnel » peu avant la fin du film, dans une maison que possède une vieille cinglée misanthrope, qui n’a entendu parler de rien de tout ça, et qui se suicidera comme tout le monde, parce qu’elle a mis le nez dehors – erreur fatale.

La véritable fin du film, après que tout est rentré dans l’ordre aux États-Unis et que la télévision a comme d’habitude tout expliqué, a lieu… à Paris, au jardin des Tuileries, où voilà que tout recommence comme à New York. Il fallait bien que ces salauds de Français morflent aussi un peu.

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