L’orphelinat

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Juan Antonio Bayona

Titre original : El orfanato

Sorti en Espagne le 11 octobre 2007

Sorti en France le 5 mars 2008

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Vous, lecteur chouchouté dont l’état s’améliore de jour en jour, vous avez certainement lu, dans les journaux bien écrits que vous feuillettez chez votre psy favori, que ce film espagnol, le plus gros succès en Espagne depuis qu’Armstrong a marché sur la Lune, pouvait comporter plusieurs « niveaux de lecture » – comme disent les cuistres. Tandis que vous, lecteur aux ressources modestes qui vous contentez de dévorer « Voici » chez votre coiffeur, vous aspirez à comprendre l’histoire de L’orphelinat, et je ne vous donne pas tort. Par conséquent, débarrassée de son habillage poético-surnaturel à base de fantômes (au nombre desquels Geraldine Chaplin, qui semble vraiment revenir de l’au-delà), de symboles comme ce phare éteint, et de souvenirs de Peter Pan, on vous livre l’histoire sous-jacente.

Trente ans avant l’époque actuelle, Laura (Belén Rueda) était pensionnaire d’un orphelinat, partageant ses jeux avec une demi-douzaine de camarades qui vont mal finir. En effet, une blague idiote de ces enfants a coûté la vie à l’un d’eux, un garçon handicapé qui devait dissimuler son visage difforme sous une cagoule. L’enfant est mort noyé, le scandale a entraîné la fermeture de l’orphelinat, et la mère du gosse, Benigna (Montserrat Carulla), épisodique employée de l’orphelinat et pas si bénigne que ça, les a tous tués, sauf Laura, et enterrés. Nul ne les a retrouvés.

Bien plus tard, devenue adulte et riche, Laura a racheté la maison pour en faire sa demeure, et, avec son mari Carlos (Fernando Cayo), a adopté un enfant, Simón (Roger Príncep). Mais un jour, Simón, sept ans, disparaît. Les mois passent, la police ne retrouve pas l’enfant, et la mère fait appel à une équipe de charlatans, dont une médium, Aurora (Geraldine Chaplin, donc), que Carlos, vite excédé, met à la porte avant de prendre lui-même un peu de champ.

Après quelque temps, Laura, que son mari a laissée seule, se met à voir des fantômes, et découvre à la cave les squelettes des enfants que Benigna, morte entre-temps, avait tués. Puis une hallucination lui fait croire que Simón est revenu, bien vivant ! Mais non, c’est aussi son corps momifié qu’elle découvre. Apparemment, l’enfant s’est enfermé par mégarde, et il est mort naturellement.

La scène finale montre Carlos fleurissant la tombe commune de tous les protagonistes du drame, qu’il est permis de comprendre autrement, puisque c’est un film d’horreur romanesque, à interpréter selon son tempérament.

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