There will be blood

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Paul Thomas Anderson

Sorti aux États-Unis le 27 septembre 2007

Sorti en France le 27 février 2008

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Doublement oscarisé pour sa photo et son acteur principal Daniel Day Lewis, ce film est dû à Paul Thomas Anderson, trente-huit ans et né en Californie, à Studio City (ça ne s’invente pas). Le sujet est le pendant moderne de Géant, le troisième et dernier film avec James Dean, puisqu’il s’agit de pétrole – mais, en dépit des magouilles attendues et qui surviennent en effet, nous sommes loin de Dallas. Daniel Plainview (Daniel Day Lewis, donc) se lance tout seul dans la recherche pétrolière en 1898. Après des débuts difficiles, son obstination lui vaut un début de réussite, et, quatre ans plus tard, le voilà maître de quelques puits et possédant un peu d’argent à investir dans le même domaine. Un jour, un jeune homme, Paul Sunday (Paul Dano), se présente à lui : « La ferme de ma famille ne produit que des cailloux, mais du pétrole suinte à la surface du sol. Nous n’avons pas les moyens de l’exploiter. Donnez-moi 500 dollars, et je vous dis où c’est ». Daniel paye, se rend sur place et vérifie qu’en effet, du pétrole suinte aux milieu des cailloux. Au père de famille, il offre une misère, 3700 dollars, pour lui acheter sa ferme, argüant – plus c’est gros, mieux ça passe – qu’il veut seulement une terre pour y chasser la caille (en France, il chasserait la racaille) en compagnie de son jeune fils adoptif H.W. (Dillon Freasier). L’autre fils Sunday, prénommé Eli (encore Paul Dano) et porté sur la religion, proteste : on veut les rouler ! Que l’acheteur potentiel donne au moins 10 000 dollars pour son église. N’oublions pas que nous sommes aux États-Unis, où Dieu et le dollar font meilleur ménage que chez nous, qui sommes de purs esprits.

Daniel transige, ce sera 5000 dollars quand le pétrole coulera, si jamais il coule. L’affaire est conclue, l’exploitation commence, le pétrole jaillit, et Daniel, qui a pris Eli en détestation et a déjà éludé sa demande de lui faire un peu de pub pour son église, refuse de payer. Il va jusqu’à le tabasser un peu pour avoir osé réclamer son dû. Mais plus tard, quand Daniel placera son fils H.W., devenu sourd à la suite d’une explosion, dans une école spécialisée, Eli le lui fera payer en l’accusant publiquement d’avoir abandonné son gosse.

Après bien des péripéties tragiques, nous sautons directement en 1927. Le fils de Daniel, devenu adulte (Russell Harvard), quitte son père pour aller vivre au Mexique avec Mary (Colleen Foy), sa jeune femme, précisément la sœur d’Eli et Paul, après avoir annoncé qu’il se lance lui aussi dans la recherche pétrolière, et donc, qu’il sera désormais un concurrent de son père, lequel se venge en lui révélant qu’il n’est pas son fils, mais « un bâtard trouvé dans un panier » !

Daniel a bâti une fortune considérable, or il reste seul et déteste tout le monde, c’est lui qui le dit. C’est alors qu’Eli ressurgit, devenu prédicateur à la radio, plutôt fauché, mais qui a mis la main sur une propriété d’un de ses paroissiens, en plein milieu des terres que possède et qu’exploite Daniel : il désire une association pour y pomper le pétrole. Daniel profite de cette occasion pour l’humilier en le forçant à répéter une dizaine de fois « Je suis un faux prophète, Dieu est une superstition », avant de lui révéler qu’il a déjà pompé tout le pétrole, par la voie souterraine, à partir de ses puits voisins, selon le principe des vases communicants. La discussion tourne au vinaigre, ils se battent, et Daniel tue Eli… à coups de quille de bowling ! Puis il conclut par cette réplique : « I am finished ». Ce qui tombe bien, car le film aussi.

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