La piel que habito

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Pedro Almodóvar

Sorti en France le 17 août 2011

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Le docteur Robert Ledgard (Antonio Banderas), espagnol malgré son nom et son prénom, possède plusieurs particularités. D’une part, il est le fils de... sa bonne, Marilia (Marisa Paredes), et sa fille Norma (Blanca Suárez) est folle. Mais il a demandé au directeur (Fernando Cayo) de l’institut psychiatrique qui s’occupait d’elle de laisser sortir la jeune fille, et c’est ce qui va déclencher le drame.

Un soir, invitée au mariage d’une amie, Norma, qui a pris de la drogue, rencontre un garçon plutôt séduisant, Vicente (Jan Cornet), vendeur dans un magasin de mode que possède sa mère (Susi Sánchez), et pas mal « chargé » lui aussi, qui l’entraîne dans le jardin pour un projet auquel Norma ne semble pas franchement hostile. Mais les choses se passent mal. D’une part, Vicente éprouve quelques difficultés à... euh, conclure, et d’autre part, Norma, prise de peur, se met à crier ; de sorte qu’il la frappe et qu’elle s’évanouit. Évidemment, le séducteur prend la poudre d’escampette, comme tout garçon qui se respecte l’aurait fait à sa place.

Survient peu après Robert, le père de Norma, qui trouve sa fille inconsciente, et la ramène à la maison. Mais Norma, de plus en plus zinzin, croit que son père l’a violée – et rappelons qu’elle n’a pas été violée le moins du monde. Plus tard, elle se suicide, et Robert est bien décidé à se venger de son prétendu agresseur. Par on ne sait quel moyen, il identifie Vicente, le retrouve, le fait choir de sa moto, le ligote et l’emmène dans sa clinique, où il l’emprisonne. Après quelque temps, il l’anesthésie, l’installe dans le bloc opératoire et lui fait subir cette opération qu’on pratique surtout au Brésil et à Casablanca : il l’ampute de son sexe et lui crée un vagin (« vaginoplastie », pour ceux que cela intéresse). Lorsque le garçon se réveille, il n’a plus qu’à constater les dégâts !

Toujours prisonnier, Vicente est invité à faire fonctionner son organe tout neuf en utilisant des... euh, des substituts (de plus en plus gros) de l’organe masculin, tandis que le bon docteur parachève son œuvre en lui créant les autres accessoires proprement féminins qui le transforment, de Vicente, en Vera. Notons, au passage, car ça ne mange pas de pain, que la nouvelle Vera se fait violer, mais réellement cette fois, par le demi-frère du docteur (donc le fils de la domestique), vêtu en tigre parce qu’il sortait d’un bal masqué.

Curieusement, la nouvelle Vera semble s’adapter parfaitement à sa nouvelle situation, au point, quelques mois plus tard, de sembler très amoureuse de son médecin privé, lequel, mis en confiance, accepte de « la » libérer avec, en guise de chaperon, sa domestique Marilia dont je vous rappelle qu’elle est aussi sa mère.

Mais, libre d’aller et venir dans la maison, Vera-Vicente a trouvé le pistolet que cache Robert, et, un soir, elle l’abat froidement, ainsi que Marilia. Puis elle se rend au magasin de modes de sa propre mère, qui ne le reconnaît pas, et lui dit : « Je suis Vicente ».

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