L’autre

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Robert Mulligan

Titre original : The other

Sorti aux États-Unis le 23 mai 1972

Sorti en France le 20 décembre 1972

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Alors c’est l’histoire d’un mec. Ou plutôt de deux. Et comme ils sont jumeaux, chacun est « l’autre » de l’autre, histoire de justifier le titre. L’un se prénomme Niles (Chris Udvarnoky), et l’autre Holland (Martin Udvarnoky – eh oui, le réalisateur a bel et bien engagé deux jumeaux, alors que JAMAIS ils n’apparaissent ensemble dans la même image !). Jusqu’ici, normalement, vous me suivez. Il faut pourtant qu’on vous dise qu’ils ont vingt-deux ans. À eux deux. Façon tordue de faire comprendre qu’ils ont onze ans chacun. Toujours aussi normalement, vous vous attendez à deux petits gars mignons tout plein, qui prennent le matin leur Ricoré en famille, dans le jardin s’il fait beau. Mais non ; d’abord, parce qu’on ne se gave pas de Ricoré dans le Connecticut (enfin, je suppose ; jamais fichu les pieds dans le coin) ; ensuite, parce que ça se passe en 1935.

On comprend très vite que quelque chose ne va pas, car leur famille, les Perry, connaît un taux de mortalité légèrement supérieur à celui enregistré à Bagdad depuis que les Yankees y ont apporté la civilisation. Futé comme vous l’êtes, sinon vous ne seriez pas là à glander devant votre écran en faisant semblant de consulter les cours de la bourse, vous avez pigé que l’assassin est l’un des deux morpions, Niles. Et cultivé comme vous l’êtes (sinon vous seriez en train de glander plutôt sur le blog de Morandini, vous serez ravi d’apprendre, d’une part, qu’il se prend pour son frère Holland comme Norman Bates se prenait pour sa mère dans Psychose, lequel frère, en fait, est mort le jour de son onzième anniversaire en voulant tuer un chat (ce maladroit est tombé dans le puits où il voulait balancer le matou, avouez que c’est ballot) ; et, d’autre part – oui, cette phrase commence à être un peu longue, et on se demande si elle aura une fin –, d’autre part, il s’inspire du type qui avait enlevé le bébé de Charles Lindbergh, l’aviateur et sympatisant nazi que vous savez. Si bien que, à son tour, il enlève le bébé de sa sœur aînée, et le noie dans un tonnelet d’alcool. Gag.

La fin est grandiose, et vous DEVEZ l’adorer, lecteur, sans ça on vous retire le bonjour : Ada (Uta Hagen), la grand-mère du gamin, comprend tout. Il faut dire qu’elle est russe, et l’âme slave, c’est fou, ça a des accointances avec le surnaturel. Elle décide par conséquent d’arrêter les frais et de tuer son petit-fils en fichant le feu à la grange, où elle l’entraîne – donc elle fait aussi le sacrifice de sa propre vie. La grange brûle, la grand-mère meurt, mais le gosse en réchappe. Quand on vous dit qu’il est diabolique. Il va pouvoir continuer à trucider ses semblables, si l’on peut dire. Youkaïdi.

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