Juste une fois !

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Bobcat Goldthwait

Titres originaux : Stay ou Sleeping dogs

Sorti aux États-Unis le 21 janvier 2006

Sorti en France le 21 février 2007

 

Amy (Melinda Page Hamilton) a un fiancé adorable, John (Bryce Johnson), beau, intelligent, qui l’idolâtre et veut se marier. Un jour, vient à John une idée désastreuse : qu’ils se confient l’un à l’autre un secret personnel et jalousement gardé, pour se prouver leur confiance mutuelle. Et il déballe le sien : avec quatre camarades, en colonie de vacances, ils avaient fait un concours, se masturber sur un biscuit, et le dernier qui éjaculait devait manger le biscuit. « J’ai perdu », avoue-t-il en se marrant... mais sans préciser, détail pourtant intéressant, s’il y avait un biscuit pour chacun ou un seul pour tous (ici, spectateur frustré). Certes, de son côté, Amy cache bien un horrible secret, mais elle refuse de le dévoiler. Or le spectateur le connaît déjà, par la voix off d’Amy, et dès la première minute du film – qui donc démarre de façon peu engageante.

Pressée de questions, Amy finit par raconter son histoire, et c’est si inattendu et si répugnant que John, dégoûté, ne tient pas le coup et préfère bientôt la rupture. Pour comble, le frère drogué d’Amy a surpris la conversation et tout raconté à table, au cours d’un dîner de famille : voilà donc la pauvre Amy brouillée aussi avec sa mère (Bonita Friedericy), très puritaine en apparence. Pourtant, elle n’avait fait de mal à personne, et n’avait offensé que le bon sens et l’esthétique. Ainsi que, au passage, la morale bourgeoise. D’ailleurs, le film a été interdit aux moins de 18 ans au Royaume-Uni et en Irlande.

Lorsque Amy rencontre un nouvel amour en la personne de son collègue Ed (Colby French), qui est au courant de la rupture mais pas de sa cause profonde, elle a retenu la leçon, et, encore une fois pressée de questions, le laisse croire qu’il s’agissait d’un avortement. Mieux : au décès de sa mère, et quand son père (Geoffrey Pierson) lui déclare sur un ton détaché « Tu savais que ta mère avait eu un amant avant moi ? », elle comprend qu’il prêche le faux pour savoir le vrai, et s’exclame « Maman ? Mais c’était la Sainte Vierge incarnée ! », alors qu’elle sait bel et bien que sa mère a eu une aventure avant son mariage. Moralité, après avoir menti à son père et à son nouveau fiancé : « Il faut mentir. Et être à la hauteur de ses mensonges ». Philosophie à laquelle on adhère sans réserve, « soulager sa conscience » ne peut que faire du mal aux autres.

Le film n’est pas parfait ; il n’y a rien à dire sur la mise en scène, mais il bénéficie d’un scénario bien ficelé, ce pour quoi je me suis permis de ne parler que de cela. Oui mais voilà, le lecteur est de nouveau frustré ! « Qu’avait-elle donc fait de si affreux ? », geignent-ils en chœur. Soyons magnanime, et passons aux aveux : elle avait... fait une fellation à son chien ! Vous êtes satisfaits ?

Publié dans J

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