Tonnerre sous les Tropiques

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Ben Stiller

Titre original : Tropic thunder

Sorti aux États-Unis le 13 août 2008

Sorti en France le 15 octobre 2008

 

Les États-Unis, c’est bien connu, ne gagnent que les guerres qu’ils font filmer par Hollywood. En foi de quoi, le producteur Les Grossmann, bedonnant, chauve et poilu comme King Kong (Tom Cruise, si si !) fait porter à l’écran le livre d’un prétendu vétéran du Vietnam, Tayback, surnommé « Trèfle-à-quatre feuilles » (Nick Nolte), qui est en fait un simulateur, n’a jamais mis les pieds hors des États-Unis avant le tournage, et cache ses mains sous de fausses prothèses afin de passer pour un héros de guerre. La réalisation a été confiée à un jeune Britannique porteur d’un nom très évocateur, Damien Cockburn (Steve Coogan), qui s’avère un incapable : dirigés par lui, les acteurs sont infichus de dire leur texte, et lorsqu’on met le feu à la forêt vierge façon Apocalypse now, il n’a pas lancé la caméra !

La production sur le point d’être ruinée, Grossmann décide de remanier le projet, et, sur le conseil de Tayback, il transforme le film en une sorte de Koh-Lanta : les acteurs, seulement munis du scénario, devront être lancés seuls dans la jungle, sans équipe technique et sans partenaires pour jouer l’ennemi vietcong, et ils seront filmés par des caméras dissimulées un peu partout. Hélas, dès le début, le réalisateur saute sur une mine laissée là par les Français à titre de souvenir au temps de la guerre d’Indochine. Voilà les cinq acteurs abandonnés à eux-mêmes. Ce sont Tugg Speedman (Ben Stiller, aussi réalisateur du film qu’on vous raconte présentement), Kirk Lazarus (Robert Downey junior, maquillé en Noir), le jeune Kevin Sandusky (Jay Baruchel), le gras et grossier mais sans complexe Jeff Portnoy (Jack Black), et un jeune Noir vraiment noir avec un nom qui sonne bien, Alpa Chino (Brandon T. Jackson). Mais à présent, que filmer ? Question subsidiaire, le présent paragraphe comporte au mois trois vannes, saurez-vous les débusquer ?

La Providence, dans son immense mansuétude, va y pourvoir, car cette bande de bras cassés va tomber sur une fabrique clandestine d’héroïne, et les trafiquants vont tenir lieu d’ennemi. Ils sont dirigés par un enfant très méchant, Tran (Brandon Soo Hoo) et qui est un fan du bazooka. Or voilà que Tugg est capturé par eux. Sur le point d’être exécuté, il est reconnu comme ayant été la vedette d’un film où il jouait un débile mental – le personnage préféré des Yankees –, quelque part entre Rain man et Forrest Gump, film dont justement les bandits se repassent chaque jour la cassette, car c’est la seule qu’ils possèdent. Il est donc sommé de leur rejouer son rôle sur scène, variante inédite du théâtre aux armées.

Mais, après quelques péripéties sanglantes et un millier d’explosions, il est délivré, lui et ses copains sont récupérés par un hélicoptère, et on les rapatrie. Les caméras ont enregistré suffisamment de matériel pour monter un film, et ce chef-d’œuvre remporte un Oscar ! Ce qui ne sera pas forcément le cas du film satirique anti-hollywoodien dont vous venez, lecteur avide, de lire le récit.

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