Demandez la permission aux enfants

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Éric Civanyan

Sorti en France le 4 avril 2007

Que doivent faire les parents dont les rejetons pourrissent méthodiquement la vie, vous demandez-vous très justement, ô lecteur père de famille ? Quel saint peuvent-ils invoquer ? Seront-ils contraints de les mettre en présence d’un porteur du gène de la pédophilie – découverte révolutionnaire (bien qu’elle n’ait pas été faite en Amérique du Sud) du professeur Nicolas S. ? Le remède est bien aléatoire, compte tenu, non seulement de la relative rareté des individus positifs, mais aussi de la difficulté du dépistage. Faute de mieux, ce film français d’Éric Civanyan – dont les interprètes, pour avoir eu le front d’accepter d’y jouer, ne méritent pas d’être cités – préconise plutôt le traitement du mal par le mal, méthode prisée par les disciples de Samuel Hahnemann, ce qui le classe d’emblée au rang des grands films scientifiques, section homéopathie.

C’est ainsi que les trois couples imaginés par le réalisateur et son scénariste Guillaume Breton se résolvent à imiter le comportement habituel de leurs héritiers, dignes de la série télévisée Malcolm in the middle : aller manger à la cantine de leur école pour y mettre les pieds sur la table et se battre à grands coups de cuillères de purée ; écouter en pleine nuit des chansons idiotes, au volume maximal ; glander devant la télé en bouffant des sucreries ; jouer à des jeux vidéo en négligeant tout le reste ; faire le mur la nuit pour aller « EN » boîte ; parler un langage ordurier en toute circonstance ; considérer le téléphone comme un prolongement naturel de l’oreille externe ; alterner maussaderie et insolence ; et, naturellement, se plaindre de tout, en tout temps et en tout lieu.

Hélas, rien ne marche pour les malheureux parents, lesquels, soit dit en passant, ont bien mérité leur sort. À ce stade, le scénario dérape, et ils collent leurs gosses dans ce qu’on n’ose plus appeler une « maison de correction », d’où les salopiots s’évadent au bout d’un quart d’heure… pour aller consulter la psy de leurs parents, qui, en bonne psy de cinéma, les remet dans le droit chemin en trois phrases moralisatrices. Elle aurait mieux fait de leur conseiller d’aller voir un meilleur film…

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