Jar City

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Baltasar Kormákur

Titre original : Mýrin

Sorti en Islande le 20 octobre 2006

Sorti en France le 10 septembre 2008

Örn (Atli Rafn Sigurðsson), spécialiste de la génétique, est un jeune père de famille, dont la fille, Kola (Rafnhildur Rósa Atladótir), vient de mourir, précisément d’une maladie génétique. Örn est complètement détruit. Cependant, un peu plus tard, on retrouve, mort chez lui à Reykjavik, un vieillard, Holdberg (Þorsteinn Gunnarsson), qui semblait avoir une vie rangée et ne fréquentait personne. Holdberg a eu le crâne fracassé, donc l’assassinat est certain. C’est l’inspecteur Erlendur (Ingvar Eggert Sigurðsson), un homme simple, venu de la campagne et pourvu d’une fille droguée, Eva Lind (Ágústa Eva Erlendsdóttir) – je vous donne ce détail pour vous faire comprendre combien l’ambiance de ce film est propice à la rigolade –, qui enquête, et il trouve chez la victime la photo d’une tombe. À part cela, « C’est un meurtre typiquement islandais : bordélique et sans intérêt », dit-il.

Après quelques recherches, cette tombe est retrouvée, dans un petit cimetière au bord de la mer : c’est celle d’une petite fille, Audur, morte quarante ans plus tôt, sur laquelle, d’abord, on ne peut trouver aucun renseignement, son nom de famille mis à part. La police finit par exhumer son corps, et l’on s’aperçoit que le cerveau a été prélevé.

Finalement, le fichier des maladies génétiques, où sont conservées des informations sur 95 % des trois cent mille Islandais depuis 1703, informations fournies par leur gouvernement (authentique, et on a l’air minables, nous Français, avec nos fichiers squelettiques et notre CNIL), révèle que cette Audur était atteinte d’une maladie génétique, comme la petite fille dont je vous parlais plus haut. Quant aux fameuses jarres du titre anglais (le titre original en islandais signifie « Le marais » ou « Le marécage »), ce sont plutôt des bocaux, ceux où sont conservés des échantillons humains prélevés après autopsie.

Ces deux enquêtes, celle sur les antécédents d’Holdberg et celle sur les ascendants d’Audur, conduisent à conclure qu’Holdberg était… le père de celle-ci. On finit par retrouver sa mère, qui est aussi celle du jeune Örn dont je vous parlais plus haut (bis), ô lecteur doué de mémoire. Pressé de questions, cette mère finit par déballer la vérité : mariée à un marin constamment absent, elle recevait des hommes, et Holdberg a été son amant. Mais celui-ci était porteur sain d’une maladie génétique ne frappant que les femmes, et sa fille, Audur, en est morte. Or cette histoire, elle l’avait racontée à Örn, qui a compris que le responsable indirect de la mort de sa fille était Holdberg, et que lui-même, né ensuite, était également porteur sain de la tare qui a tué les deux filles.

C’est donc Örn qui a tué Holdberg, pour venger sa fille. Confondu par la police, il déclare vouloir mettre fin à la chaîne infernale, et se tue d’un coup de fusil. Plutôt que d’en faire autant, je vous conjure, lecteur, de lire le livre (7 euros, c’est donné), ce sera plus sûr et on évitera une victime supplémentaire.

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