Dans la vallée d’Elah

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Paul Haggis

Titre original : In the valley of Elah

Sorti aux États-Unis le 14 septembre 2007

Sorti en France le 7 novembre 2007


Ce film du scénariste à succès Paul Haggis, précédemment réalisateur de Collision, dit exactement ce que disait Full metal jacket en 1987 : que, non seulement la guerre présente le petit inconvénient de causer la mort d’un tas d’anonymes qui n’avaient rien demandé, mais encore, qu’elle transforme, et pas en bien, celui qui la fait – y compris s’il la gagne. Cette œuvre de Kubrick montrait un soldat pacifiste (il en arborait le symbole sur son casque) à la longue mué en tueur, qui, à la fin, abattait une fille du camp opposé, le seul combattant vivant du Nord-Vietnam visible dans tout le film, en fait ! Et si vous connaissez quelqu’un qui n’a pas vu Full metal jacket, lecteur dont la cinéphilie vous permet de faire la distinction entre Christian Clavier et Charles Chaplin (malgré la similitude de leurs initiales), je vous suggère de lui conseiller d’aller le voir avant de lire ce qui suit. Non mais.

Cette fois, la cible, c’est la guerre d’Irak, mais l’effet pervers est le même : le jeune Mike Deerfield (Jonathan Tucker), soldat engagé, parti là-bas pour le but que vous savez, disparaît soudain, lors d’une permission dans son pays. Le personnage central est son père, Hank (Tommy Lee Jones), un ancien de la police militaire, ce qui explique sa capacité à mener une enquête dans un milieu qu’il connaît parfaitement, quoique l’ayant quitté à l’époque où Bill Clinton assurait la formation des stagiaires dans le Bureau Ovale. Cet homme (Hank Deerfield, pas Bill Clinton) a déjà perdu un premier fils au combat, il ne va pas tarder à apprendre que son second fils, Mike donc, est mort aussi… mais pas à la guerre ! Le corps du jeune homme est en effet retrouvé, dépecé, lardé de quarante-deux coups de couteau, et en partie carbonisé.

L’enquête ne sera pas aisée, car l’examen du lieu où le cadavre a été retrouvé montre que le corps a été déplacé. Sommes-nous, dans cette hypothèse, sur un terrain appartenant à la ville ? Auquel cas la police locale est compétente. Ou sur un terrain de l’armée ? Auquel cas… vous avez compris ! Néanmoins, quoique traînant visiblement les pieds, l’armée coopère, et Hank, aidé par une enquêtrice de la ville hélas un peu trop jolie pour que ce soit crédible, Emily Sanders (Charlize Theron), parvient à interroger les camarades de son fils et à cerner peu à peu la vérité. Notamment grâce à un procédé astucieux : la victime avait l’habitude de prendre des vidéos avec son téléphone portable ; comme le gadget a souffert de la chaleur, ces vidéos sont en partie inexploitables, et le père confie l’appareil à un technicien (Rick Gonzalez), qui les reconstitue peu à peu et les lui envoie par courrier électronique. Le père, et le spectateur par voie de conséquence, apprennent ainsi graduellement ce que le soldat avait filmé… et elle n’est pas rose, la vérité.

Après une cascade de mensonges débités par les copains, peu enclins à raconter à sa famille comment se passaient les permissions du fiston le samedi soir (drogue, alcool et putes), scrupule qui se comprend, ils finissent par avouer que leur camarade était devenu en Irak, non seulement un drogué, mais surtout un tortionnaire, et pas du tout pour obtenir des renseignements sur l’ennemi, mais comme cela, histoire de rigoler sainement et d’amuser les potes. Et ils finissent par tout déballer : le jeune homme a été tué par eux, à la suite d’une dispute lors d’une de ces virées du samedi soir – une banale histoire de pochards, qui a mal tourné. Affolés, ils ont tenté de faire disparaître le corps.

Au début, il est expliqué qu’arborer le drapeau à l’envers, « la tête en bas », est un signe international signifiant qu’un pays en détresse appelle au secours ; à la fin, le drapeau est effectivement placé ainsi par le personnage du père, affichant que les États-Unis ont perdu les pédales, et qu’il y est devenu normal de se droguer, de torturer pour le plaisir, et bien sûr de tuer. Ce qui ne vous arrivera pas si vous vous contentez de me lire.

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