Envoyés très spéciaux

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Frédéric Aubertin

Sorti en France le 21 janvier 2009


Frank Bonneville (Gérard Lanvin), journaliste compétent qui travaille à la radio R2I, doit se rendre en reportage à Bassorah (Irak), où nos chers alliés ont quelques difficultés à réussir pleinement leur mission civilisatrice. Il demande à être accompagné par un bon technicien, Albert Poussin (Gérard Jugnot), mais celui-ci, croyant jeter une lettre à sa femme qu’il renonce à envoyer, met à la poubelle l’enveloppe contenant leurs billets d’avion et les vingt mille euros en liquide qui doivent couvrir leurs frais. Ils décident alors de rester à Paris et de bidonner leur reportage. La routine…

Hébergés dans un hammam de Barbès par le gérant de l’endroit, Jimmy (Omar Sy), avec du matériel prêté ou loué, et l’appui d’Internet et des télés captées sur parabole, ils réussissent parfaitement, jusqu’au moment où ça tourne mal : l’ambassadeur de France à Bagdad veut les recevoir. Dans l’impossibilité d’être sur place, ils fabriquent une vidéo dans laquelle ils prétendent avoir été pris en otage par le Front Armé de l’Euphrate, et l’envoient sur le réseau, à destination de la chaîne Al-Jazeera. Aussitôt, la France « se mobilise », comme on dit toujours dans ces cas-là : leurs photos géantes couvrent les murs, les officiels multiplient les déclarations du genre « la France fera tout, etc. », la télévision fait des émissions spéciales, un chanteur populaire, Francis Bunel (Laurent Gerra), compose et fait reprendre par tout le pays une chanson sirupeuse très We are the world, et Françoise (Valérie Kaprisky), la femme d’Albert, lance une collecte de fonds à envoyer aux enfants irakiens dès que les deux hommes auront été libérés ! La campagne « Un euro pour nos otages » fait un succès, à rendre jalouse Bernadette Chirac et ses pièces jaunes.

Très embêtés car ils ne peuvent plus mettre les pieds dehors sans risquer d’être reconnus, les deux bidonneurs se résolvent à se rendre pour de bon en Irak, et, pour avoir de l’argent, Albert cambriole le coffre de sa femme où l’argent commence à s’accumuler ! Bien entendu, il se fait surprendre, mais Françoise accepte de ne rien dire. Les voilà tous deux, déposés par leur taxi sur une route près de Bagdad… où ils se font réellement capturer par des rebelles irakiens. Otages, ils le sont devenus pour de bon ! Mais les rebelles, après les avoir copieusement secoués, les libèrent pour ne pas avoir d’ennui avec le Front Armé de l’Euphrate. Ils peuvent rentrer triomphalement à Paris, où le président de la République, comme d’habitude, vient les accueillir, mais reste très discret (n’oublions pas que c’est une fiction). Tout est bien qui finit bien, comme toujours en France.

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