Affaire de famille

Publié le par Kinopoivre

Réalisé par Claus Drexel

Sorti en France le 4 juin 2008

Scénario et réalisation d’un quasi-inconnu qui n’a fait que des courts-métrages, Affaire de famille illustre ce vieux truc, que je vous livre, lecteur cinéphile, car il pourra vous servir si vous vous lancez, comme tout le monde, dans le cinéma : prenez une histoire quelconque, policière si possible parce que tout le monde aime le genre, cassez-la en cinq ou six tronçons, et réassemblez-les dans l’ordre le plus arbitraire possible. Laissez ensuite au spectateur le soin de recoller les morceaux dans le bon ordre, et vous décrocherez une critique hyper-favorable dans « Les Cahiers du Cinéma », « Positif » et  «Télérama », qui sont à la simplicité ce que Ruquier est à Sacha Guitry. Pour ma part, et visant à vous rendre service, je vous raconte l’histoire de manière compréhensible. Quoique.

Un trio de voyous, Mort (Éric Caravaca), Samy (Julien Courbey) et Marine (Hande Kodja), a fait un casse et raflé la recette d’un match de foot. Marine, ensuite, a planqué l’argent… chez ses parents, Jean (André Dussollier) et Laure Guignebont (Miou-Miou). Laure tient un magasin qui vend des pendules ringardes, Jean est un ancien joueur de foot, qui collectionne tout ce qui lui rappelle son ancienne occupation – je n’ose pas appeler ça un métier. Pour vous dire, Marine a caché les sous dans un ballon de foot dédicacé par Jean-Pierre Papin ! Ce qui ne plairait guère à son père, avec lequel elle ne s’entend guère, car, par son côté rétif, Marine le peine (tout ça pour en arriver à ce jeu de mots nul).

Lorsque Jean, qui est allé voir le match, rentre chez lui, voilà qu’il trouve en feu la remise du jardin, et, le lendemain, un policier, qui dit être l’inspecteur Vivant, vient enquêter ; en fait, ce n’est pas un policier, c’est Mort. Vivant, Mort : humour !, glapirait Antoine de Caunes. Donc Mort cherche seulement à savoir où est passé Samy, qui a disparu, et surtout où se trouve l’argent (il aurait mieux fait d’interroger Marine, à mon avis, et c’est l’une des failles du scénario, un vrai chef-d’œuvre par conséquent).

Je vous passe les diverses péripéties amenées à grands coups de retours en arrière, et je résume : Samy avait fait main basse sur la recette et l’avait mise dans un sac poubelle, dans la cuisine des Guignebont, puis Jean l’avait surpris, estourbi et enfermé dans un placard. Plus tard, Mort, démasqué par Jean comme faux flic et vrai malfrat, découvre Samy, les deux se battent et s’entretuent, et les honorables époux les enterrent dans le jardin. Au matin, les éboueurs ramassent les sacs poubelle du quartier et embarquent sans le savoir l’argent volé, mais le sac explose, ne me demandez pas pourquoi, et les billets voltigent au milieu de la rue, sous les yeux ébahis de l’honnête famille, qui aurait bien voulu profiter de l’aubaine et n’a plus que les siens (d’yeux) pour pleurer.

Si vous dénichez une histoire plus naze que celle-là, prière à vous, lecteur charitable, de m’avertir, je suis en manque.

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